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Les hormones peptidiques

 
La classe des hormones peptidiques et des agents apparentés comprend des substances ayant des structures et des effets très divers. Il s’agit pour la plupart de protéines endogènes qui fonctionnent comme des messagères et qui libèrent d’autres substances, notamment dans les glandes.
 
La Liste des interdictions distingue les cinq groupes d’hormones suivants :
  1. Les agents stimulant l'érythropoïèse, p. ex. érythropoïétine (EPO, CERA)
  2. Gonadotrophines
  3. Insuline
  4. Corticotrophine
  5. Hormone de croissance (HGH), facteur de croissance analogue à l’insuline (IGF-1) et facteurs de croissance musculaires MGF (Mechano Growth Factors)
 
1. Agents stimulant l'érythropoïèse (EPO, CERA)
 
Effets
L’érythropoïétine régule la production de globules rouges (érythrocytes). Lorsque l’oxygénation de l’organisme se fait insuffisante, les reins fabriquent de l’EPO et la libèrent dans le sang. Arrivée dans la moelle osseuse, l’EPO stimule la formation de globules rouges.
 
Effets secondaires
Lorsqu’elle est produite en trop grande quantité, l’EPO provoque un épaississement du sang. Le sang perd alors de sa fluidité, ce qui peut entraîner des thromboses, voire des embolies dont l’issue peut être fatale.
 
Indications thérapeutiques
Prescrite en cas d’insuffisance rénale, l’érythropoïétine synthétique remplace l’EPO que les reins ne parviennent plus à produire. Depuis que l’EPO est produite par génie génétique, les patients n’ont plus besoin d’être traités par transfusion sanguine.
 
Utilisation dans le sport
L’augmentation du nombre de globules rouges permet à l’organisme de transporter plus d’oxygène et, partant, de mieux oxygéner les muscles. Peu après que l’érythropoïétine produite par génie génétique eut fait son apparition sur le marché en 1990, la rumeur courut qu’on l’utilisait dans le sport pour améliorer la capacité de performance aérobie dans les sports d’endurance et réduire la régénération après des grands efforts.
 
Remarques
L’EPO est interdite pendant et en dehors des compétitions. Sa détection par contrôle urinaire est possible depuis 2001. Cette méthode de dépistage a été validée en juin 2003 par l’AMA.
 
Faits marquants
2004 : Le cycliste suisse Oscar Camenzind est contrôlé positif à l’EPO juste avant les Jeux plympiques d’Athènes et suspendu pour deux ans. 2005 : La triathlète Brigitte McMahon a été convaincue de dopage à l’EPO et frappée d’une suspension de deux ans.
 
 
2. Les gonadotrophines
Sont regroupées sous l’appellation générique de gonadotrophines les hormones qui stimulent les glandes sexuelles, comme p. ex. l’hormone lutéinisante (LH) et la gonadotrophine chorionique humaine (HCG), dite «hormone de grossesse».
 
Effets
Les gonadotrophines stimulent la production d’hormones dans les glandes sexuelles. La LH stimule, chez l’homme, la production de testostérone par le testicule. Chez la femme, elle déclenche l’ovulation et la production de corps jaunes. La HCG est la fameuse hormone de grossesse des femmes; elle est produite en grande quantité surtout pendant les premiers mois de la grossesse et véhiculée par le sang.
 
Effets secondaire
La prise de gonadotrophines peut entraîner une hypertrophie des ovaires. Les effets secondaires peuvent toucher l’ensemble du système hormonal.
 
Indications thérapeutiques
La LH est prescrite aux femmes pour activer la maturation des follicules. La HCG est prescrite aux femmes en cas d’absence d’ovulation ou de maturation insuffisante des follicules. Elle est également utilisée, en combinaison avec d’autres hormones, dans le traitement de la stérilité masculine.
 
Utilisation dans le sport
La HCG est utilisée dans le sport pour prévenir le « trou hormonal » qui suit l’arrêt des stéroïdes anabolisants. La prise de HCG réactive la production de testostérone par les glandes sexuelles (testicules).
 
Remarques
Les gonadotrophines sont interdites pendant et en dehors des compétitions.
 
Faits marquants
Mai 2002 : Lors d’un contrôle à l’entraînement, un haltérophile suisse est testé positif à la nandrolone, ainsi qu’à la HCG.
 
 
L’insuline est une hormone endogène produite par le pancréas, qui intervient dans la régulation du métabolisme glucidique. Elle figure depuis 1999 sur la Liste des interdictions.
 
Effets
L’insuline est une hormone vitale qui achemine le principal fournisseur d’énergie de l’organisme, à savoir le glucose, du sang dans les muscles. Après un repas, la sécrétion d’insuline augmente, favorisant ainsi le transport du glucose et des acides aminés à l’intérieur des cellules. Elle intensifie la formation de glycogène au niveau du foie, stimule la transformation du glucose en lipides et inhibe celle des protéines en glucose.
 
Effets secondaires
Lorsqu’elle est administrée en trop grande quantité, l’insuline entraîne une baisse de glucose dans le sang (hypoglycémie). Les symptômes de l’hypoglycémie se traduisent par des palpitations, un état de nervosité, des tremblements et des sueurs. Si la carence de sucre n’est pas compensée à temps, il y a risque de coma hypoglycémique.
 
Indications thérapeutiques
La prise d’insuline peut s’avérer nécessaire en cas de diabète. Jusqu’au début des années 80, on utilisait des préparations d’insuline d’origine animale (bœuf ou porc); aujourd’hui, on dispose d’insuline produite par génie génétique.
 
Utilisation dans le sport
L’insuline stimule les processus métaboliques anabolisants: synthèse des glycogènes, synthèse des lipides et synthèse des protéines.
Au départ, elle a surtout été utilisée dans les sports de force, mais des indices laissent à penser qu’elle a désormais cours aussi dans les sports d’endurance. Elle est utilisée en combinaison avec des hormones de croissance pour en limiter les effets secondaires.
 
Remarques
L’insuline est interdite pendant et en dehors des compétitions. Les diabétiques qui sont astreints à un traitement à l’insuline doivent se procurer une autorisation à des fins thérapeutiques (voyez AUT)).
 
 
4. La corticotrophine
La corticotrophine, appelée aussi hormone adrénocorticotrope (ACTH), est sécrétée par le lobe antérieur de l’hypophyse et agit sur les glandes surrénales.
 
Effets
La corticotrophine régule la production endogène de cortisone et de cortisol et peut avoir un effet euphorisant.
 
Effets secondaires
En cas d’usage abusif, l’ACTH peut entraîner une diminution des réserves endogènes (sucre et graisse) et provoquer des inflammations et des infections.
 
Indications thérapeutiques
L’ACTH est utilisée pour tester le bon fonctionnement des glandes surrénales.
 
Utilisation dans le sport
L’ACTH pourrait remplacer les glucocorticoïdes dans les sports où l’organisme doit supporter des efforts de longue durée (p. ex. course cycliste par étapes).
 
 
5. L’hormone de croissance (HGH) / Wachstumsfaktoren
L’hormone de croissance (HGH), appelée aussi somatotropine, est une hormone sécrétée par le lobe antérieur de l’hypophyse (antéhypophyse).
 
Effetts
Les hormones de croissance possèdent un très large spectre d’action. Chez les adolescents, elles ont un effet régulateur sur la croissance. Plus généralement, elles induisent une fonte des dépôts graisseux, une augmentation du taux de sucre sanguin (glycémie) et un développement de la masse musculaire.
 
Effets secondaires
Lorsqu’elle est produite en trop grande quantité, l’hormone de croissance peut entraîner le gigantisme. Elle provoque un développement disproportionné du menton, de la mâchoire, des mains et des pieds. De même que certains organes tels le cœur, le foie et l’intestin. C’est ce qu’on appelle l’acromégalie.
Cette hypersécrétion de HGH induit également un dérèglement du métabolisme glucidique, qui peut entraîner un diabète. La rétention d’eau augmente, entraînant une surcharge du système cardiovasculaire et une hypertension.
 
Indications thérapeutiques
L’hormone de croissance n’est prescrite qu’aux enfants et aux adultes qui ne sécrètent pas assez de HGH, ainsi qu’aux sujets atteints de nanisme.
 
Utilisation dans le sport
Dans le sport, on a recours aux hormones de la croissance en combinaison avec des anabolisants et on utilise l’insuline pour augmenter la masse musculaire, améliorer la régénération et pour réduire la masse graisseuse.
 
Remarques
Les hormones de croissance sont interdites pendant et en dehors des compétitions.
 
Faits marquants
Le CIO a certes annoncé, avant les Jeux olympiques d’Athènes en 2004 déjà, vouloir effectuer des tests de dépistage de l’HGH, mais comme la méthode d’analyse est restée longtemps juridiquement vulnérable, ces tests n’ont pas été introduits systématiquement. Ce n’est qu’en 2010 qu’un premier cas de dopage avéré à l’HGH a été publié: le rugbyman de l’équipe nationale anglaise Terry Newton a été suspendu pour deux ans.